C__Data_Users_DefApps_AppData_INTERNETEXPLORER_Temp_Saved Images_Jacqueline-Ngo-Mpii-Elle est notre Afro chic de la semaine. Née au Cameroun dans une famille " très modeste" d'Eseka, en pays bassa, elle pense que son activité "fait écho" à sa propre histoire. Celle d'une enfant élevée entre deux cultures, qui a bien assimilé l'une mais qui a égaré l'autre au passage. Vous l'avez deviné? C'est Jacqueline Ngo Mpii, fondatrice de la plateforme de bonnes adresses en ligne, littleafrica.fr, qui nous raconte son histoire.

"Quand j'avais 2 ans, ma mère a dû me laisser au pays pour travailler à Paris. Quand j'en ai eu 10, j'ai pu la rejoindre dans l'Essone. Le choc a été violent, raconte-t-elle. Au collège, bonne élève et bien intégrée dans mon quartier cosmopolite, je ne m'étais pas appropriée ma culture africaine."

Étrangement, c'est au Mexique que Jacqueline, 21 ans en ce moment, GO dans un club de vacances, a éprouvé "le manque" au contact d'afrodescendants.

"Au Mexique, on recense près d'un million d'afrodescendants, c'est énorme, dit-elle."

"Eux étaient étonnés que je sois française, moi surprise qu'ils soient mexicains. On avait beaucoup de points communs, côté cuisine, par exemple. J'ai réalisé combien mes lacunes sur l'histoire de mon continent, et plus encore sur la diaspora, étaient grandes, alors que dans le tourisme je passais mon temps à promouvoir la culture des autres."

Deux retours au Cameroun achèvent de la convaincre de ne plus faire l'impasse sur sa double culture. Lors du premier, en 2010, soit douze ans après son départ, elle troouve sa ville "minuscule".

"Alors j'ai exploré le pays avec mon frère, sac au dos : Douala, Édéa, Limbé..."

À propos du deuxième, en 2014, elle déclare : " J'ai découvert les citadins des classes moyennes, voire aisées, chez qui les rêves d'Europe n'ont pas cours, contrairement au milieu d'où je viens. Leur niveau de vie est enviable. L'idée de revenir m'installer au Cameroun un jour m'a traversée. À erme, j'ai envie de participer à ce que la nouvelle génération construit".

C'est ce qui l'a inspiré à créer en 2014, Little Africa, son agence de promotion culturelle et touristique de l'Afrique à Paris. Elle est cette année flattée de figurer parmi les partenaires média de la foire d'art contemporain Art Paris Art Fair, qui a mis l'Afrique à l'honneur au Grand Palais. La parution de son City Guide " Afrique à Paris", autoédité ( 3000 exemplaires, dont 1000 en anglais ) a fait bondi sa notoriété en 2016. L'ouvrage a séduit Parisiens, Angolais, Ghanéens ou Nigérians en voyage d'affaires, touristes américains, créatrices de Londres en quête de lieux pour leurs défilés...

"Je ne m'attendais pas à un tel succès, avait-elle-dit." Succès qui lui a quand-même permis de participer à l'opération Africa Now des Galeries Lafayette en avril 2017. La jeune fille maintenant âgée de 28 ans, dont sept dans le tourisme, est aussi une grande fanatique de la mode. Elle a organisé une immersion " mode et design" dans le quartier populaire de la Goutte d'or...parfois jugé infréquentable. Sur sa vidéo de présentation- débardeur jaune, puis chemisier en wax et trench-, elle pourrait passer pour la jumelle noire de Cristina Córdula. Elle rêve qu'un jour les pouvoirs publics qui supervisent le tourisme à Paris utilisent davantage la diversité culturelle comme un argument marketing, comme à New York et à Miami. Par ailleurs, elle envisage de réaliser l'équivalent de son City Guide à Londres.